Bulletin d’information N°6 – Août 2026

Une aventure humaine au-delà des frontières

Au-delà des résultats pédagogiques et professionnels, ECOTRANSH aura surtout créé des liens entre des personnes, des territoires et des cultures. Les échanges entre jeunes, enseignants, éleveurs et partenaires ont montré que la transhumance constitue un langage commun, capable de rapprocher des communautés parfois très éloignées.

Cette démarche rejoint les valeurs de l’UNESCO : le dialogue entre les cultures, la transmission des patrimoines vivants, l’éducation, la coopération et la construction d’une compréhension mutuelle.

Elle illustre également les valeurs d’Erasmus+ — ouverture, inclusion, mobilité, citoyenneté européenne et respect de la diversité — en donnant aux jeunes la possibilité d’apprendre autrement, par la rencontre et l’expérience.

ECOTRANSH s’achève ainsi comme il a commencé : par la conviction que la coopération, l’éducation et l’humanité sont essentielles pour construire un avenir plus durable pour les territoires pastoraux et les générations qui les feront vivre.

L’aventure ECOTRANSH ne s’arrêtera pas là : les liens tissés au fil de ces trois années et les enjeux liés à la préservation des territoires pastoraux, à la transmission des savoirs et à la coopération entre les générations sont trop forts et trop importants pour que cette dynamique prenne fin avec le projet.

Mohamed OUDADA – Maroc

Ce que je retiens : Humainement : Découvrir de près la réalité vécue par les nomades. Sur le plan professionnel, mettre les étudiants en contact avec leur environnement socio-économique.  » Le bon berger nourrit toujours ses brebis en premier, même lorsqu’il a lui-même faim.. » Matshona Dhliwayo (Philosophe canadien)

Cornélia NOURREDINE – Roumanie

J’ai appris à valoriser une tradition millénaire en la rendant accessible au grand public, tout en préservant son authenticité. ECO-TRANSH : Une vie divisée en deux : l’homme et son troupeau. Citation tirée de la littérature roumaine (Mihail Sadoveanu, « Baltagul ») idéale pour un projet de recherche : « Nous sommes avec les moutons et les étoiles ; nous gravissons les sentiers et descendons les vallées… »

ECOTRANSH à la COP17 : transmettre, coopérer et agir pour l’avenir des territoires pastoraux

La Mongolie au cœur de la COP17 : restaurer les terres, soutenir les éleveurs pastoraux

Du 17 au 28 août 2026,laMongolie accueillera à Oulan-Bator la 17ᵉ Conférencedes Partiesde laConvention des Nations unies sur la lutte contre la désertification — COP17 de l’UNCCD. Organisée autour du thème « Restoring Land. Restoring Hope » — «Restaurer les terres, restaurer l’espoir » — cette conférence réunira les États, les scientifiques, les organisations de la société civile, les peuples autochtones et les éleveurs pastoraux.

Les enjeux sont particulièrement importants pour la Mongolie, où près de 77 % des terres seraient dégradées. La désertification, les sécheresses, les épisodes de dzud — hivers extrêmement rigoureux — et la dégradation des pâturages fragilisent les écosystèmes comme les moyens de subsistance des familles d’éleveurs. La COP17 devra donc promouvoir des solutions concrètes : restauration des terres, gestion durable de l’eau, résilience face aux sécheresses, protection de la biodiversité et soutien à des systèmes alimentaires durables.

Cette COP17 revêt une dimension particulière puisqu’elle se tient pendant l’Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux 2026, portée notamment par la Mongolie. Les parcours couvrent plus de la moitié des terres émergées et permettent directement à environ 500 millions de personnes de vivre de l’élevage. Leur préservation constitue donc un enjeu écologique, économique, alimentaire et culturel mondial.

La conférence doit également contribuer au lancement de la Rangelands Flagship Initiative, une initiative internationale consacrée à la restauration des parcours, à la résilience des élevages, à la biodiversité, à la sécurité alimentaire et à l’amélioration des filières d’élevage pastoral.

ECOTRANSH : transmettre les savoirs pastoraux et préparer l’avenir

Le projet Erasmus+ ECO-TransH, porté par le Campus Pyrénées Comminges, s’inscrit pleinement dans les orientations de la COP17 et de l’Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux. Il repose sur la coopération internationale autour de l’agroécosystème du troupeau transhumant et sur l’échange d’expertises entre établissements et professionnels de différents pays, la Grèce, l’Italie, la Roumanie, le Maroc et la Mongolie justement.

À travers les mobilités, les échanges de pratiques et la comparaison des expériences, ECOTRANSH contribue à mieux faire connaître la valeur des systèmes pastoraux. Ces systèmes associent élevage, entretien des paysages, valorisation des ressources naturelles et transmission de savoir-faire profondément liés aux territoires. Ils peuvent également apporter des réponses aux défis actuels : adaptation au changement climatique, prévention de la dégradation des sols, maintien de la biodiversité et développement de filières locales.

Le projet répond aussi à un enjeu central identifié par la COP17 : le renouvellement des générations et l’attractivité des métiers de l’élevage. En favorisant la formation, la mobilité européenne et le dialogue entre professionnels, ECOTRANSH participe à la construction d’un pastoralisme plus durable, mieux reconnu et ouvert sur le monde.

Le projet fait ainsi le lien entre les territoires de montagne et les grandes steppes mongoles : malgré des contextes différents, les éleveurs pastoraux partagent des préoccupations communes — accès aux ressources, mobilité des troupeaux, adaptation aux aléas climatiques, transmission des compétences et reconnaissance de leur rôle dans la protection des paysages. En présentant ECOTRANSH à la COP17, le Campus Pyrénées Comminges souhaite contribuer à cette dynamique internationale et montrer que l’éducation et la coopération sont des leviers essentiels pour restaurer les terres et soutenir les communautés pastorales.

Des livrables bientôt disponible sur le site internet www.ecotransh.com

ECOTRANSH à la COP17 : une clôture placée sous le signe du partage

Du 24 au 27 août 2026, à Oulan-Bator, Fabienne Gilot, cheffe de projet au Campus Pyrénées Comminges, participera à la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, aux côtés de Francesca Pasetti, facilitatrice du projet ECOTRANSH et co-référente Europe de la FAO pour l’Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux, ainsi que de leur collègue et partenaire mongol Sukhtulga Tserennadmin, de l’Université des sciences de la vie.

Cette délégation sera également accompagnée de jeunes bergers et d’étudiants ayant participé au projet ECOTRANSH. Grâce à ce programme, ils ont pu voyager en Grèce et en Roumanie, découvrir d’autres cultures pastorales et partager des savoir-faire liés à la transhumance. Ces mobilités leur ont permis de mieux comprendre la diversité des pratiques, mais aussi les préoccupations communes des éleveurs : transmission des compétences, adaptation aux changements climatiques, préservation des territoires et renouvellement des générations.

Cette participation à la COP17 permettra de mettre à l’honneur le travail réalisé dans le cadre d’ECOTRANSH, alors que le projet prendra fin à la fin du mois d’août 2026, après trois années d’échanges, de coopération et de rencontres internationales. Elle constituera une belle occasion de valoriser les expériences des jeunes et de faire entendre leur voix dans un événement mondial consacré à la restauration des terres et à la résilience des communautés pastorales. (unccd.int)

«Tout d’abord, le projet ECO-TRANSH a permis à autant de jeunes issus de civilisations nomades et sédentaires que le projet le permettait de se rencontrer et de partager leurs expériences respectives. Deuxièmement, le fait de permettre à autant de jeunes issus decultures et de civilisations nomades millénaires (Mongolie et Maroc) de se rendre dans certains pays européens où existaient des modes de vie similaires a été un véritable choc, d’autant plus que la cuisine rurale grecque, roumaine et, plus tard, italienne (produits laitiers) s’est avérée pratiquement identique ou tout à fait naturelle. Troisièmement, chacun d’entre eux est revenu avec de nouvelles idées et réflexions à partager. Il nous faudra donc patienter un peu avant de pouvoir constater les changements qui s’opéreront dans les zones rurales et au sein des populations. Enfin, et ce n’est pas le moindre des points, l’union de ces jeunes était extraordinaire et j’avais l’impression de ne pas être loin de chez moi, mais d’être toujours ensemble et unis pour de nobles causes. Ce serait un bon signe pour la préservation du pastoralisme et des éleveurs, grâce à ces jeunes unis pour accomplir de bonnes actions » Sukhtulga.

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